Les recos de La Mêlée et de ses adhérent.x.e.s

Education sexuelle : l’école en première ligne
Il y a dix ans, la prétendue « théorie du genre » servait de cheval de bataille aux mouvements conservateurs pour rejeter l’éducation sexuelle à l’école, un combat qui refait surface aujourd’hui sous des formes plus insidieuses. Alors que le ministère de l’Éducation nationale soutient un programme essentiel d’apprentissage à la vie affective et sexuelle, des voix réactionnaires continuent de le discréditer, même au sein du gouvernement.

Nunatak, revue d’histoire, cultures et luttes de montagnes
Une revue, trop belle déjà dans son format, et passionnante dans son contenu, qui parle de nos montagnes. Attention, on n’est pas sur des récits d’alpinisme, d’héroïsme et tout le tintouin ! Là dedans on parle de capitalisme touristique, de la vie à l’année en montagne, du sexisme en botanique, des syndicats d’éleveurs et d’éleveuses de troupeaux… A un prix tout doux de 3 euros ou en lecture libre sur leur site internet

DYSPHORIA MUNDI – Le son du monde où tout s’écroule
Bon, faut aimer la philo! Mais le titre résonne pas mal avec le monde dysphorique (et dystopique) qui prend corps. Et comme tous les bouquins de Paul B. Preciado, certaines formulations secouent le cocotier et occasionnent des prises de conscience.

La violence en spectacle
Dans cet essai incisif, Elsa Deck Marsault retrace la généalogie d’un féminisme toujours plus punitif et carcéral. Elle montre comment la politisation radicale des années 1960 a été reformulée en discours sur la protection des femmes – ancré dans le récit victimaire et, en fin de compte, adressé à un État répressif. Depuis MeToo, l’« éveil » des consciences tant célébré a également masqué une individualisation et une dépolitisation croissantes de la violence. S’appuyant sur son expérience de la justice transformatrice, Elsa Deck Marsault propose une autre voie : celle qui conçoit la violence et la réparation comme des processus collectifs, résistant à la domestication de la lutte féministe. Ce livre appelle à une réappropriation douloureuse mais vitale de l’ambivalence et du conflit – matières premières de toute relation, qu’elle soit intime ou collective. Aux éditions La Fabrique.

Sex-symbols : ces mecs qu’on fantasme
Dans ce podcast en deux épisodes mené par Tal Madesta, on écoute Hélène Fiche, docteure agrégée d’histoire et autrice du livre « Ce que le féminisme fait au cinéma », parler des grandes figures masculines du cinéma et analyser les dessous de cette fabrique d’icônes de la virilité. C’est hyper intéressant et ça donne matière à prendre un peu de recul sur nos films préférés des années 2000.

Histoire de la sextape
Pamela Anderson, Paris Hilton, Kim Kardashian, Benjamin Griveaux, Laure Manaudou, Aya Nakamura, Mathieu Valbuena… À première vue, rien ne les relie. Pourtant, tous ont vécu la même épreuve : voir leur intimité exposée sur internet, sans leur consentement.

Guide pour répondre au #NotAllMen
Comment (et faut-il) se lancer dans une joute verbale avec celles et ceux qui nous assènent que “pas tous les hommes quand même” ? Pourquoi préfère-t-on encore se raconter que les femmes mentent plutôt que le viol est partout ? Comment faire pour, collectivement, regarder en face les réalités des violences sexistes et sexuelles ? Faut-il attendre des hommes qu’ils rejoignent les rangs des féministes ?

Chacun son beauf : à quoi sert le mépris de classe
Dans cet épisode, Delphine Saltel mêle le récit de Rose Lamy et le travail du sociologue Félicien Faury qui a mené une grande enquête de terrain auprès des électeurs du RN en région PACA. Une réflexion musicale et politique pour remettre en question nos petits snobismes et la manière dont ils alimentent les clivages électoraux et la montée des extrêmes.
Cui-cui
C’est l’histoire d’une jeune ado. Attendez… Ou tout aussi bien d’UN jeune ado. Qui traverse la grande histoire du droit de vote des mineur·e·s depuis son petit trou de serrure. Depuis son petit trou à rats familial. Iel raconte la vie au collège, les copines, Leïla surtout, proche – border crush. Le préau de la récréation, les salles de cours aux tapisseries de l’Apocalypse, la cafétéria. Sa mère, habitante de la planète Déni, gentille à claquer. Le père, un beauf ? C’est pire, nettement pire, en fait. Les désirs pullulants, qui grattent. Et, petit à petit, le lourd secret éveille l’attention de Mme Gisèle, une des profs du collège. Tout, alors, change. Aux éditions du Seuil.

Comment éduquer nos fils
Comment élever des garçons bien dans leurs bottes dans le monde d’aujourd’hui ? Que ce soit pour leur apprendre à participer aux tâches du quotidien, à accéder à leurs émotions, créer un dialogue autour de la sexualité, ou encore leur permettre d’être vigilant face aux contenus sexistes sur Internet… Le rôle des parents et de toutes celles et ceux qui éduquent les enfants et notamment les petits garçons est déterminant et exigeant.

Changer de regard sur la solitude des femmes
Les femmes ont mis des siècles à conquérir un droit pourtant fondamental : celui d’être seules. Malgré cette liberté nouvellement acquise, la solitude féminine continue d’être perçue comme suspecte, mal vue, souvent assimilée à un manque, une souffrance ou un échec personnel. Dans son nouveau livre “Enfin seule”, la journaliste Lauren Bastide raconte comment cette pression sociale reste profondément ancrée. En s’appuyant à la fois sur l’histoire et sur son expérience intime, elle déconstruit les représentations qui collent aux femmes seules : celles qui n’ont pas de partenaire, celles qui n’ont pas d’enfants ou dont les enfants sont partis, celles qui voyagent ou avancent sans appui extérieur. Elle montre comment ces vies, loin d’être marginales, révèlent les résistances persistantes face à l’autonomie féminine.
Pourquoi la liberté d’être seule reste-t-elle si difficile à accepter, et comment les femmes peuvent-elles s’en saisir ? Réponse dans ce nouvel entretien pour Blast.

Le papier peint jaune
Trop belle découverte d’un classique de la littérature féministe américaine. Publié en 1892, le texte parait pourtant très contemporain. C’est le récit d’une femme qui lutte pour sa liberté, son émancipation et son indépendance depuis la chambre où elle est enfermée – dont les murs sont recouverts d’un papier peint jaune envoutant et obsédant. J’ai adoré.
