Les recos de La Mêlée et de ses adhérent.x.e.s

Procès Le Scouarnec : une omerta dans le monde de la santé ?
Accusé de viols et d’agressions sexuelles sur au moins 299 personnes, dont une majorité de mineurs, ce chirurgien a exercé pendant des années dans plusieurs hôpitaux, malgré une condamnation en 2005 pour recel d’images pédopornographiques. Les institutions médicales ont-elles failli ?

Nunatak, revue d’histoire, cultures et luttes de montagnes
Une revue, trop belle déjà dans son format, et passionnante dans son contenu, qui parle de nos montagnes. Attention, on n’est pas sur des récits d’alpinisme, d’héroïsme et tout le tintouin ! Là dedans on parle de capitalisme touristique, de la vie à l’année en montagne, du sexisme en botanique, des syndicats d’éleveurs et d’éleveuses de troupeaux… A un prix tout doux de 3 euros ou en lecture libre sur leur site internet

Education sexuelle : l’école en première ligne
Il y a dix ans, la prétendue « théorie du genre » servait de cheval de bataille aux mouvements conservateurs pour rejeter l’éducation sexuelle à l’école, un combat qui refait surface aujourd’hui sous des formes plus insidieuses. Alors que le ministère de l’Éducation nationale soutient un programme essentiel d’apprentissage à la vie affective et sexuelle, des voix réactionnaires continuent de le discréditer, même au sein du gouvernement.

Viril – la masculinité mise à mal
Et s’il était épuisant de vouloir à tout prix être un homme fort, puissant, invulnérable ? Depuis ses grands principes nés dans l’Antiquité jusqu’à la révolution féministe des années 70, l’histoire d’une virilité non seulement illusoire mais meurtrière pour les hommes. 3 épisodes à suivre.

Avoir raison avec… bell hooks
Comment conjuguer féminisme et antiracisme ? Amour et politique ? Dans l’œuvre de la théoricienne afro-américaine bell hooks (1952 – 2021), grande voix de la pensée intersectionnelle.

DYSPHORIA MUNDI – Le son du monde où tout s’écroule
Bon, faut aimer la philo! Mais le titre résonne pas mal avec le monde dysphorique (et dystopique) qui prend corps. Et comme tous les bouquins de Paul B. Preciado, certaines formulations secouent le cocotier et occasionnent des prises de conscience.

Histoire de la sextape
Pamela Anderson, Paris Hilton, Kim Kardashian, Benjamin Griveaux, Laure Manaudou, Aya Nakamura, Mathieu Valbuena… À première vue, rien ne les relie. Pourtant, tous ont vécu la même épreuve : voir leur intimité exposée sur internet, sans leur consentement.

Chacun son beauf
Dans cet épisode, Delphine Saltel mêle le récit de Rose Lamy et le travail du sociologue Félicien Faury qui a mené une grande enquête de terrain auprès des électeurs du RN en région PACA. Une réflexion musicale et politique pour remettre en question nos petits snobismes et la manière dont ils alimentent les clivages électoraux et la montée des extrêmes.

Changer de regard sur la solitude des femmes
Les femmes ont mis des siècles à conquérir un droit pourtant fondamental : celui d’être seules. Malgré cette liberté nouvellement acquise, la solitude féminine continue d’être perçue comme suspecte, mal vue, souvent assimilée à un manque, une souffrance ou un échec personnel. Dans son nouveau livre “Enfin seule”, la journaliste Lauren Bastide raconte comment cette pression sociale reste profondément ancrée. En s’appuyant à la fois sur l’histoire et sur son expérience intime, elle déconstruit les représentations qui collent aux femmes seules : celles qui n’ont pas de partenaire, celles qui n’ont pas d’enfants ou dont les enfants sont partis, celles qui voyagent ou avancent sans appui extérieur. Elle montre comment ces vies, loin d’être marginales, révèlent les résistances persistantes face à l’autonomie féminine.
Pourquoi la liberté d’être seule reste-t-elle si difficile à accepter, et comment les femmes peuvent-elles s’en saisir ? Réponse dans ce nouvel entretien pour Blast.

La violence en spectacle
Dans cet essai incisif, Elsa Deck Marsault retrace la généalogie d’un féminisme toujours plus punitif et carcéral. Elle montre comment la politisation radicale des années 1960 a été reformulée en discours sur la protection des femmes – ancré dans le récit victimaire et, en fin de compte, adressé à un État répressif. Depuis MeToo, l’« éveil » des consciences tant célébré a également masqué une individualisation et une dépolitisation croissantes de la violence. S’appuyant sur son expérience de la justice transformatrice, Elsa Deck Marsault propose une autre voie : celle qui conçoit la violence et la réparation comme des processus collectifs, résistant à la domestication de la lutte féministe. Ce livre appelle à une réappropriation douloureuse mais vitale de l’ambivalence et du conflit – matières premières de toute relation, qu’elle soit intime ou collective. Aux éditions La Fabrique.

Il suffit d’écouter les femmes
À l’occasion des 50 ans de la loi Veil, l’INA a initié une collecte de témoignages sur l’avortement clandestin avant 1975. Julie Auzou s’est emparée de cette parole inédite pour en tirer un récit choral, mi-documentaire mi-fiction, et faire entendre l’histoire méconnue de ces femmes qui, parfois au péril de leur vie, ont effectué un des gestes les plus féministes qui soit… Avec un ton poétique, pétillant et sensible, Julie Auzou offre un regard contemporain sur l’histoire méconnue des femmes.

Le papier peint jaune
Trop belle découverte d’un classique de la littérature féministe américaine. Publié en 1892, le texte parait pourtant très contemporain. C’est le récit d’une femme qui lutte pour sa liberté, son émancipation et son indépendance depuis la chambre où elle est enfermée – dont les murs sont recouverts d’un papier peint jaune envoutant et obsédant. J’ai adoré.
